Retour sur événement : Conférence-Débat « Habiter les Alpes » organisée par le Centre de la Nature Montagnarde le 16-11-2008.
Quelques chiffres :
13 millions d'habitants dans les Alpes
Chaque année, en Haute-Savoie :
8000 hab. supplémentaires
300 ha gagnés par l'urbanisation
73% d'augmentation du nombre de voitures
Des départements voisins dynamiques, nous avons beaucoup à apprendre semble-t-il. Quelques élus volontaristes, des associations citoyennes et des techniciens compétents ont su se mobiliser autour de projets fédérateurs, allant dans le sens du développement durable (transports doux, aménagement raisonné du territoire, développement économique harmonieux). Qu’en est-il au Pays du Mont-Blanc ? Quels seront les pionniers de ce nouvel élan tant attendu ? Au-delà des inquiétudes largement énoncées par la population lors de cette conférence, tout est encore possible. Il ne faudra cependant pas attendre davantage.
Sentiers Citoyens, comme d’autres associations, était impatiente de participer à cette manifestation de clôture des 2èmes Rencontres Alpines, espérant y trouver matière à échanges, citoyens et élus. Elle y a trouvé beaucoup de matière, des citoyens et deux élus. Claude COMET, journaliste et créatrice d’Alpes Magazine a animé les échanges avec beaucoup de dynamisme et d’engagement.
De multiples expériences alpines voisines
Métropole Savoie, un syndicat mixte qui porte un Schéma de Cohérence Territorial remarquable
Le SCOT a des objectifs ambitieux, il n’a pas manqué de faire des envieux parmi les participants. Il est le résultat de l’implication des associations locales, des élus, des acteurs socio-économiques et des techniciens.
Financé par le Conseil Général, l’ADEME et le CDRA (Région Rhône-Alpes), il comprend notamment un volet « logement » très abouti qui nous a été présenté.
Au nom de Sentiers Citoyens, Philippe DEPARIS a pris la parole. Il sollicitait l’intervenant sur la capacité de la société civile, et notamment du monde associatif, à susciter la mise en place de tels outils auprès des élus.
Il axe ses projets sur :
- le transport en commun (cars interurbains, TER, transport à la demande)
- l’autopartage (des voitures qui sont à la disposition de plusieurs individus)
- le covoiturage
- le travail en réseau (avec l’ensemble des acteurs locaux, intégrant de la formation)
- l’événementiel (qui est toujours l’occasion de différentes expérimentations).
Mais alors, quelle est la méthode qui permet de fédérer plusieurs dizaines de communes autour d’un même projet ?
Une conseillère municipale de Sallanches a manifesté son étonnement sur la capacité de Métropole Savoie à fédérer plus d’une centaine de communes ! Il est vrai que, vu d’ici, c’est un exploit : nos 14 communes du Pays du Mont-Blanc n’arrivent pas à dialoguer sur un projet d’intercommunalité.
« Il faut trouver des thèmes fédérateurs, créer un syndicat, mobiliser des élus qui ont du poids et s’entourer de bons techniciens ».
Le Directeur du CAUE a rappelé la nécessité de réfléchir à la bonne échelle territoriale.
« Rhône-Alpes est la région la plus en retard sur l’intercommunalité, et la Haute-Savoie est le département le plus à la traîne en Rhône-Alpes ».
Le retard de la Haute-Savoie : question de richesse ou de caractère ?
Les infrastructures courent après le développement, c’est dramatique de subir les évolutions de son territoire à ce point. Les innovations des particuliers sont pionnières en matière d’utilisation des énergies renouvelables, elles se trouvent souvent en contradiction avec les documents d’urbanisme. Le développement durable serait-il encore un combat de résistants ?
Des arguments en faveur du changement
Interrogés dans la rue, élus comme citoyens estiment à 80% être prêts à faire évoluer les pratiques.
Interrogés réciproquement les uns sur les autres, les élus estiment à 80% que les citoyens ne sont pas prêts et vice versa.
Pourtant il y a urgence : changement climatique, besoins en logements, mixité sociale, mobilité, besoin de densification des tissus urbains (la facilitation de la mobilité fait progresser parfois sauvagement l’urbanisation à l’extérieur des villes), baisse de la consommation d’énergie et du rejet de CO², nouvelle gouvernance, projet de société…
N’ayons pas peur du changement, nous avons de grandes capacités d’adaptation !
La réponse résiderait-elle, en partie, dans l’intercommunalité ?
N’attendons pas en réponse à ces défis un renforcement législatif même si l’« on parle aujourd’hui d’un projet de loi qui forcerait les élus à mettre en place, par exemple, des PLU intercommunaux ».
L’aménagement de l’espace, la réponse aux préoccupations des acteurs, l’occupation des sols nécessitent des choix politiques forts et volontaristes. Les responsables se plaignent souvent de manquer de place pour tout « caser » : activités agricoles, industrielles, commerciales, artisanales, habitat etc. .
Travailler en intercommunalité permettrait à chaque commune de tirer profit des atouts des communes voisines, de mutualiser des ressources (financière, foncière…) afin de répondre aux exigences d’un développement global et harmonieux.
A travers l’expérience marquante de Métropole Savoie, d’Eco-Mobilité et des autres structures présentées, le facteur de réussite, la « lame de fond », c’est le projet fédérateur associé à la convergence de toutes les forces du territoire.
ABB
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