Pays du Mont-Blanc : Une gestion en bon père de famille ? Vraiment ?
Qui parmi la population ou même parmi les hommes politiques qui comptent dans le département peut citer véritablement la contribution du SIVOM du pays du Mont-Blanc au développement de ce territoire ? Sommes-nous certains que ce territoire non seulement a la place qu’il convient dans le département et même au sein de la région, et prépare l’avenir, son avenir, notre avenir commun.
Constat :
La crise, comme toutes les crises d’ailleurs, est une période particulière qui sert de révélateur, d’aiguillon tant pour les personnes que pour les organismes, les sociétés ou les institutions. Certaines feront face, d’autres subiront, d’aucun seront effrayé pendant que d’autres y verront des opportunités. Et bien, il en sera très certainement de même pour le Pays du Mont-Blanc, soit la crise sera un moteur, soit regarderons nous encore un train passé fort de nos atouts, si fort, si arrogant de ce qui fait notre richesse probablement, mais également notre faiblesse.
Chacune des communes membres du pays du Mont-Blanc est assise sur source intarissable, une espèce de corne d’abondance, tout au moins le pense t-on, qui fait que l’on peut gérer au jour le jour, réaliser les projets dont on en envie sans ce soucier du lendemain. Comment penser autrement lorsque l’on voit des chiffres de fréquentation qui ne se démentent pas, une population en constante progression tout comme le prix du foncier, un potentiel fiscal encore important et une pression fiscale qui peut encore s’élever. Mais a y regarder d’un peu plus près les choses sont elles aussi simples ?
Nos élus devraient peut être prendre le temps d’analyser les conséquences de la crise au niveau local et lorsque je pense local je pense également aux vallées voisines voir au niveau du département.
Je m’explique : la crise a été si rapide et si brutale que rares sont les personnes qui ont pu véritablement anticiper. On a pensé crise financière donc pas de répercussion sur l’économie dite « réelle » et pourtant, nous y sommes tous confrontés et avec quelle force ? Les entreprises de la vallée de l’arve ont à faire face à des baisses de Chiffres d’affaires qui dépassent les 50%. Qui aurait pu envisager cela ? Et pourtant encore une fois, et pourtant ? Le pays a connu cela en d’autre temps de manière moins rapide certes mais avec des conséquences tout aussi fâcheuses, ce fut ainsi le cas avec l’industrie textile par exemple, la sidérurgie autre exemple et l’on pourrait même dire lors du passage d’une France essentiellement agricole à l’ère de l’industrialisation, mais cela est une autre histoire.
Le coup est rude pour les chefs d’entreprises. Comment va-t-on négocier ce virage ? Il le sera également pour les élus locaux qui auront non seulement à faire face aux conséquences sociales (chômage, etc) mais également aux pertes de recettes fiscales et donc au financement des politiques mises en œuvres alors que la source était considéré comme intarissable.
Les communes du pays du Mont-Blanc seront-elles épargnées ? La question mérite d’être posée dans la mesure où les chiffres de fréquentation des stations pour l’hiver 2008-2009 sont très satisfaisants. Mais au-delà ? avons-nous les capacités de supporter tout à la fois les conséquences de cette crise et de mieux finalement anticiper notre avenir ?
La santé des finances communales des 14 communes du pays du Mont-Blanc mérite un examen un peu plus approfondi.
L’intercommunalité sied particulièrement aux communes pauvres selon un élu du pays du Mont-Blanc, peut-être devrions nous examiner cela avec moins d’arrogance sauf à être certain d’avoir fait le maximum pour ce territoire.
Certes nous ne manquons pas d’atouts, certes nous sommes moins exposés que bon nombre d’autres départements contraints de faire preuve de créativité pour attirer les investisseurs mais est-on pour autant à l’ abri de tout.
Combien de communes ont encore une capacité d’autofinancement suffisamment importante pour engager les travaux de rénovations de leurs réseaux eau et assainissement tout en menant de front leurs nouveaux projets et leurs obligations d’entretiens de leurs patrimoines, en menant une politique foncière à même de garantir demain la possibilité de réaliser des logements a l’année en nombre suffisant.
Prenons acte de ce que l’intercommunalité a peu de chance d’aboutir d’une part et encore moins à 14 d’autre part. Avons-nous pris le soin d’évoquer toutes les pistes ? Selon le sivom du pays du Mont-Blanc, une communauté de communes à 14 aurait permis d’obtenir une DGF de 1,1 million d’euros. Avec plus de 57000 habitants, et une comme centre comme Sallanches qui compte plus de 16.000 habitants, le territoire du pays du Mont-Blanc peut prétendre à obtenir le « label » communauté d’agglomération, ce qui probablement aurait comme incidence de pouvoir bénéficier d’une DGF plus importante. Probablement, un montant bien plus élevé que le budget annuel de certaine de nos communes et c’est sans aucun doute un effet de levier important pour le territoire et, pour demain soulager les finances exsangues des communes.
Car ne nous y trompons pas, les projets envisagés sont tels que sans augmentation de la fiscalité rien de bien important ne se fera. Au delà il faudra encore financer les infrastructures sportives pour la candidature Annecy 2018. Combien coutera la patinoire envisagée à Sallanches pour ces jeux alors qu’il existe trois autres patinoires sur le secteur, que chacune d’entre elles est déficitaire de façon de structurelle et que les clubs n’ont pas les moyens de leurs ambitions pour continuer à rester au plus haut niveau. Ceci n’est encore qu’un exemple alors que les besoins sont nombreux pour donner à ce territoire sa véritable place, à nourrir une vrai ambition pour son avenir et à bâtir une vrai stratégie à partir d’un projet de territoire partagé, sur la base d’une concertation réaliste et non égoïste.
Que de temps perdu d’ici là en attendons l’homme politique providentiel qui saura fédérer les énergies pour éviter à nouveau tout ce temps perdu et tout ce gâchis d’argent public.
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